Faire de la santé pulmonaire un enjeu électoral pour économiser l'argent durement gagné

Published on Mon, 09/19/2011 by Ontario Lung Association

par Kelly Muñoz

Les soins de santé demeurent un point chaud des élections provinciales de 2011, et à juste titre. Comme les coûts en matière de soins de santé comptent pour environ le tiers de l'ensemble du budget provincial, les électeurs s'intéressent tout particulièrement à la façon dont ils sont gérés. De plus, compte tenu du fait que ces coûts devraient atteindre des sommets au cours des trente prochaines années, les soins de santé doivent présenter un intérêt tout particulier pour les jeunes électeurs, car ce sont eux qui devront payer la note pendant que la majorité de la population active d'aujourd'hui profitera de sa retraite.

L'un des secteurs à surveiller, et où les coûts sont plus élevés, touche les maladies pulmonaires, très répandues dans la province. Des affections comme l'asthme sont tellement répandues que bien des gens oublient de considérer les coûts très élevés qui s'y rattachent. Par exemple, d'après le dernier rapport publié par l'Association pulmonaire de l'Ontario, 1,7 million d'adultes et d'enfants ontariens souffrent d'asthme, entraînant des coûts qui atteignent 1,8 milliards de dollars par année. La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ‒ une maladie que bien des gens nomment encore emphysème ou bronchite chronique ‒ entraîne des coûts annuels de 3,9 milliards de dollars. Ce rapport anticipe qu'à elles seules, ces deux maladies entraîneront, au cours des trente prochaines années, des coûts cumulatifs atteignant respectivement 96 et 310 milliards de dollars.

De tels chiffres sont incompréhensibles pour ceux d'entre nous qui tentent d'effectuer leurs versements hypothécaires toutes les deux semaines, de suivre les variations du prix de l'essence ou de rembourser un prêt étudiant. Ce même rapport indique que les coûts de soins de santé liés au tabagisme totalisent environ 7,7 milliards de dollars (ou un peu plus de 600 dollars par personne en Ontario), en y incluant les non-fumeurs. Par conséquent, peu importe notre position par rapport à l'éthique du tabagisme, il est indéniable qu'il s'agit d'un enjeu sérieux ‒ et coûteux ‒ en matière de soins de santé, et nous devons tous faire partie de la solution. Nous ne pouvons vraiment pas nous permettre de nous en exclure.

On doit reconnaître que le gouvernement a réalisé des progrès considérables pour réduire le taux de tabagisme grâce à la mise sur pied de programmes efficaces de prévention qui aident à modérer la prévalence croissante de la MPOC et d'autres maladies liées au tabagisme. D'après le rapport de l'Association pulmonaire, un diagnostic précoce entraîne également de meilleurs résultats chez les patients atteints de MPOC, car il les incite à cesser de fumer une fois qu'ils prennent conscience qu'ils sont atteints d'une maladie incurable. À lui seul, le diagnostic précoce peut freiner l'évolution de la MPOC dans une proportion pouvant atteindre 75 % chez les anciens fumeurs.

L'asthme est également une maladie incurable, mais il existe des façons de bien le maîtriser. Comme il semble habituel que le quart ou le cinquième des élèves d'une classe ou des joueurs d'une équipe de soccer possède un aérosol-doseur, la question à se poser avant le 6 octobre est la suivante : de quelle façon pouvons-nous fournir des soins de qualité à toute personne atteinte d'asthme tout en limitant les coûts? L'Association pulmonaire propose des recommandations judicieuses dans son appel au gouvernement en vue d'un plan d'action pour la santé pulmonaire. Reste à voir si cet appel trouvera réponse. Il est possible de consulter le rapport complet intitulé Your Lungs, Your Life au www.on.lung.ca [en anglais seulement] pour connaître certains des sujets de préoccupation.

Lorsque les candidats de votre circonscription viendront frapper à votre porte pour obtenir votre appui, peut-être que ce sera le moment pour eux de rendre la pareille. Demandez-leur si leur parti est prêt à s'engager dans la mise en œuvre d'un plan d'action pour la santé pulmonaire en vue d'améliorer les soins et d'aider à limiter ces coûts. Il s'agit d'un choix logique maintenant et pour l'avenir de nos enfants.

Kelly Muñoz exerce la profession de thérapeute respiratoire en Ontario et assume la présidence du conseil d'administration de l'Association pulmonaire de l'Ontario.

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