Santé des enfants : investissement dans la petite enfance ayant des incidences tout au long de la vie
Dr David Butler-Jones, M.D., administrateur en chef de la santé publique du Canada
L’automne dernier, j’ai publié mon deuxième Rapport sur l’état de la santé publique au Canada, intitulé « Grandir sainement – Priorités pour un avenir en santé ». Je crois que l’enfance est l’un des meilleurs moments pour avoir une influence positive sur la santé tout au long de la vie et c’est pourquoi le rapport de cette année porte sur la santé actuelle des enfants canadiens et les problèmes préoccupants.
Aujourd’hui, la plupart des enfants canadiens sont en santé. Ils vivent, apprennent et grandissent dans des milieux sains et favorables où l’espérance de vie, ainsi que le nombre d’années potentielles vécues en bonne santé, figurent parmi les plus élevés au monde. Cependant, si nous avons plusieurs raisons de nous réjouir au Canada, nous pouvons et nous devons en faire plus.
Après avoir examiné la santé des enfants du Canada, de même que les facteurs d’influence sociaux et physiques, il est évident qu’il ya six problèmes préoccupants qui persistent ou qui empirent, et ils touchent certains enfants plus que d’autres. Ces problèmes comprennent le statut socioéconomique et les possibilités de développement, la violence et la négligence, les risques prénataux, la santé mentale et les troubles mentaux, l’obésité et les blessures non intentionnelles.
Des milieux sains et favorables – ce qui comprend des fournisseurs de soins aimants, des expériences d’apprentissage positives, un accès à des soins de santé et à des aliments nutritifs, des quartiers sécuritaires et des possibilités d’interactions sociales avec d’autres enfants – sont d’importants facteurs contribuant au développement physique et social de l’enfant.
Il y a de nombreux exemples d’interventions et d’initiatives réussies et prometteuses qui ont été mises en œuvre au Canada et ailleurs dans le monde, y compris des investissements financiers permettant d’accorder des congés parentaux prolongés dans le cadre du Programme d’assurance-emploi national et de la Prestation universelle pour la garde d’enfants. Des programmes de santé communautaires à l’intention des enfants, comme le Programme d’action communautaire pour les enfants, le Programme canadien de nutrition prénatale et le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones, permettent d’améliorer l’accès à des services de soins de santé pour les familles en difficulté, par exemple pour les familles récemment arrivées au Canada, les familles vivant dans la pauvreté, les familles monoparentales ou les familles dont les parents sont jeunes.
Les données montrent que les influences et les interventions positives pendant l’enfance peuvent avoir d’importantes répercussions sur la vie d’un enfant, et des programmes comme ceux susmentionnés démontrent que tous les secteurs de la société peuvent contribuer.
Un examen de l’état de santé des enfants et des facteurs qui ont une incidence sur la santé, jumelé aux données probantes des interventions réussies, permet d’identifier les conditions optimales qui favorisent la santé et le développement des enfants, à savoir :
• des collectivités dynamiques, saines et viables;
• l’accès à un apprentissage préscolaire, à une éducation et à des soins primaires de qualité;
• un milieu aidant et sécuritaire à la maison, à l’école et dans la collectivité;
• la capacité d’acquérir un sentiment de contrôle, un sens des responsabilités et un sentiment d’appartenance;
• la possibilité de faire des choix santé.
Que ce soit pour les programmes de vaccination, pour les soins prénataux ou les soins de santé, la planification et les investissements à long terme contribuent de façon remarquable à la santé des personnes et à la société, et mettent en évidence que nous sommes en mesure de faire un changement réel et positif. Cependant, le Canada peut et doit en faire plus pour renforcer la santé et le bien être de tous les enfants canadiens, tout particulièrement pour les enfants les plus à risque. Au Canada, il y a 4,3 millions d’enfants âgés de moins de 12 ans, et en tant qu’individu et en tant que société, les Canadiens doivent assumer la responsabilité collective de la santé et du bien être de chacun de ces enfants. Que nous soyons parent, enseignant, soignant, professionnel de la santé, décideur ou citoyen, il nous revient à tous d’offrir aux enfants ce qu’il y a de mieux pendant la petite enfance. Il n’y a pas d’investissement plus valable.
Si vous désirez lire tout le rapport, ou le Coup d’œil sur le rapport, visitez le site Web http://www.phac-aspc.gc.ca/cphoraag/index-fra.php.
Le Dr David Butler-Jones est le premier administrateur en chef de la santé publique du Canada et dirige l’Agence de la santé publique du Canada.
